Ce blog est destiné à la célébration de Colette Nys- Mazure
L'écriture est un métier noble. Elle incarne la mémoire de toute une société. C'est son miroir. Elle n'est pas étrangère aux soucis, aux espoirs de la collectivité. C'est un acte individuel, mais elle se ressource dans la conscience collective. L'écrivain est libre de concevoir, de procéder, d'approcher, mais sa pensée, ses réflexions s'inspirent de la vie environnante, grouillante d'événements et d'essoufflements. L'écrivain donne forme aux préoccupations des gens, prévoit les évolutions, refaçonne l'habituel.
L'écriture est une projection d'une réalité meilleure, d'un cadre de vie plus attrayant. C'est une incitation à la vie, à l'amour, à la tolérance. C'est un assemblement des démembrements, des déchirures, des dispersions. L'écrivain est un artisan puisqu'il se sert lui aussi de certains matériaux indispensables à l'acte d'écrire : Langues, styles, tournures, expressions…, mais ce qui le distingue des autres artisans c'est sa prévoyance, sa prophétie, sa synthèse, ses projections.
L'écrivain œuvre pour la construction d'un cadre conceptuel, esthétique qui servirait à rendre notre quotidien plus accessible, plus vivable. Bref, l'écrivain c'est un porte parole d'une inconscience collective enfouie et composite. Seul l'écrivain peut nous livrer une nouvelle alchimie de la mouvance sociale.
Ingénier l'homogénéité, le bonheur, la paix, la solidarité, est le propre de la mission assignée à notre alchimiste l'écrivain.
"La page n'est jamais blanche. Je me sers de ce que la vie fournit continuellement. Tout artiste, même le plus inventif, part de ce matériau- des éléments extraordinaires et des événements apparemment mineurs- pour le transfigurer; c'est la mise en valeur du plus infime par le geste même de l"écriture. Sauver de l'oubli, de l'insignifiant, pour donner forme, durée" (Colette Nys-Mazure, La liberté de l'amour, Conversation avec Christophe Henning, Ed° Desclée De Brouwer, 2005, page: 59)