Ce blog est destiné à la célébration de Colette Nys- Mazure
Aujourd'hui, j'ai choisi pour vous un passage de "Sans y toucher" de Colette Nys-Mazure qui décrit une séquence de vie d'une "voyageuse" absorbée et passionnée par la lecture. Une femme plongée dans son propre univers, séparée de la réalité environnante.
Le détachement des lieux et des événements permet une ascension vers des cieux plus intimes et un déferlement des souvenirs qui ont marqué notre vie.
Cette transmutation est confortée par la lecture. Celle-ci est une échappatoire, un renoncement au vacarme, aux sons, aux paroles, aux formes. C'est une passerelle conduisant vers le virtuel et les profondeurs ténébreux et insondables de nos âmes. C'est une condition nécessaire pour accéder à la sérénité et à la méditation.
"Les gares défilent qu'elle ne remarque pas, les gens descendent et montent dont elle ne voit pas le visage; elle lit. Le monde est aboli, comme dans l'enfance lorsque ses sœurs s'amusaient à passer et repasser les pralines dont elle était gourmande, afin de tester son degré de concentration. Elle entre en lecture comme d'autres en méditation, toute sa vie orientée vers le dedans, attentive au texte comme aux blancs; jouissant à la fois de l'histoire et de son écriture, du jeu de relations entre les personnages, des lieux où se déchiffre l'auteur. Elle se divise et se multiplie, souffre et aime, cherche et joue" ("Sans y toucher", Editions Labor, Bruxelles, 2005, p. 93).