Colette Nys-Mazure m'a fait cadeau de "Sans y toucher". Plusieurs nouvelles de ce recueil rendent compte fidèlement de nos itinéraires/déperditions, des rapports complexes entretenus avec nos proches, notre entourage immédiat et lointain.
A la neuvième page un passage a retenu mon attention : " Je n'allais jamais assez loin pour toi : qui donc aurait trouvé grâce à tes yeux? Tu m'écrivais: "J'ai horreur des gens qui éprouvent le besoin de se raconter, de se répandre." Alors, je gardais pour moi les impressions jaillissantes qui ne demandaient qu'à se partager. Tu me renvoyais à ma vie refroidie parce que la tienne était glaciale".
Plusieurs parmi nous ont causé sciemment ou inconsciemment des déboires et traumatismes à des êtres pourtant proches et intimes, qui espéraient notre aide, notre rayonnement, notre prévenance, mais parce que nos existences antérieures étaient pour longtemps glaciales et cruelles, nous n'avons pu semer et reproduire autour de nous que la froideur et la rigidité.
Les regrets et remords guetteront nos quotidiens et lamineront nos marches/ascensions.
C'est le destin prescrit pour la plupart d'entre nous.
C'est difficile de s'éloigner de sa coquille, de se séparer de sa solitude bienveillante.
Essayons d'aménager nos intérieurs.
Efforçons nous pour insuffler des brins de chaleur autour de nous.
Ecoutons les balbutiements de ces âmes engourdies, qui sollicitent secrètement notre attention et compassion.
Manifestons de l'intérêt et de l'admiration pour ceux et celles qui s'envolent dans nos orbites et peuplent nos petits univers.
En signe de reconnaissance pour l'œuvre de Colette Nys- Mazure et pour les effets bénéfiques qu'elle a eu sur ma conception de la vie, j'ai décidé après avoir eu son aval de créer ce modeste espace. Un espace où je pourrai vous faire part de mes émotions et réflexions. C'est à notre tour de célébrer Colette Nys- Mazure et de la couronner. Elle a tant célébré et revaloriser toutes les facettes de notre quotidien, pour que notre passage, d'ailleurs bref, sur cette terre ne soit pas banal et gratuit. Elle a pu surmonter ses propres handicaps, ses traumatismes, pour nous conduire vers une pureté initiale et nous nourrir, comme ses propres enfants, d'un souffle persévérant. Elle a eu le génie de contourner le spectre du mal, de la haine qui rôdait autour de sa vie d'enfant et a embrassé l'émerveillement, la marche vers l'illumination au lieu de sombrer dans les amertumes et les inquiétudes. Bref, le corollaire de la philosophie de Colette Nys-Mazure est la revanche sur un quotidien répugnant et inaccessible.
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